Baptiste sur le Pacific Crest Trail

Mon projet :

Depuis quelques années, cette envie d'aventure me trottait dans la tête. C'est en janvier 2015 que je suis allé voir un film de Jean-Marc Vallée : "Wild". Un film qui m'a beaucoup touché et qui m'a fait découvrir ce Pacific Crest Trail. Il n'en fallut pas plus pour me donner envie de tenter l'expérience. Pendant plusieurs mois je me suis documenté, j'ai acheté mon matériel, programmé ma randonnée, cherché le moment adéquat pour partir... Désormais, je suis prêt. J'envisage de faire le PCT en entier en partant de Campo à la frontière mexicaine. Je me fixe quelques objectifs histoire de pimenter cette aventure :

  • Ne pas me raser
  • Mettre à jour ce site à chaque fois que j'aurai une connexion à internet
  • Faire quelques nuits chez l'habitant pour découvrir la vie à l'américaine
  • Ne pas faire d'arrêt dans un hôtel

J'envisage aussi de faire le petit détour qu'est l'ascension du mont Whitney (4418m de haut). Elle est normalement faisable sur la journée et offre une vue à couper le souffle. J'ai la chance de pouvoir compter sur mes parents pour l'envoi de colis de ravitaillement à des points stratégiques. De même d'avoir rencontré Antoine, un passionné de nature qui m'a donné beaucoup de précieux conseils et qui m'a aidé dans la préparation de ce périple. Je souhaite remercier toutes les personnes qui m'ont aidé et m'aideront tout au long de cette aventure, ainsi que ceux qui me soutiennent, et vous, qui me suivez au travers de ce site. Je n'ai pas la prétention de pouvoir rejoindre la frontière canadienne, néanmoins je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour y arriver ! Pensez à vous inscrire à la newsletter afin d'être prévenus de tout nouvel article, et n'hésitez pas à me donner des nouvelles ou à me soutenir sur la page "News" et par voie postale.

Mes derniers articles :

[Jour 157] Compte rendu

Ceci est mon dernier article.

Je n'ai pas vraiment expliqué ma dernière journée sur le trail, ainsi que les jours qui ont suivi. Je me suis levé vers 8h et j'ai commencé à marcher dans mes chaussures. Au bout de quelques minutes à peine, je suis passé à mes tongs. La douleur était insupportable; j'avais besoin de laisser mon pied à plat. Je marche très lentement, ne voyant qu'à peine le paysage défilé. C'était une journée ensoleillée dans un environnement magnifique plein de couleurs d'automne. Après 2h de marche, je voyais toujours mon point de départ. Koba et Z me dépasseront avant l'heure du midi et proposeront de porter tout le matos dont je n'ai pas besoin pour passer une nuit dans la foret. En effet, arrivés à la frontière, nous n'avons que deux options :
1) Faire demi-tour et marcher 30 miles pour rejoindre la route la plus proche
2) Franchir la frontière et faire 9 miles pour arriver à la route la plus proche

Z devait revenir sur ses pas car il n'a pas d'autorisation d'entrer au Canada; il aurait donc pu me ramener mon matériel en me croisant sur son retour. Je leur ai donné tout ce dont je n'avais pas besoin diminuant considérablement le poids de mon sac. Puis j'ai continué ma route. La douleur était de pire en pire. J'ai essayé de trouver des branches pour m'en servir comme des béquilles mais je n'en ai jamais trouvé de correcte. Je boitais de plus en plus et malgré 3 pilules de codéine je ressentais toujours autant de douleur au pied droit. Il m'aura fallu 8h pour faire les 14 derniers miles me séparant de la frontière. Tout le monde me dépassait !
Alors qu'il ne me restait que 5 miles, j'ai demandé à Orach, lorsqu'il me dépassait, s'il pouvait me donner du PQ et du duc-tape afin que j'ai de quoi faire des petits coussins pour mes genoux dans l'optique où mon muscle claquait, pour que je puisse marcher à 4 pattes sur les derniers miles. Je n'avais aucunement l'intention d'abandonner, pas si proche de la fin.

Et je l'ai fait. Il m'aura fallu 156 jours pour traverser les US. Je ne vais pas le cacher, j'ai pris mon temps. Et je ne regrette pas d'avoir fait des détours, pris des journées de repos et fait de petites journées ! J'ai en effet profité autant que je le pouvais de cette aventure, malgré toutes les souffrances et problèmes que j'ai pu avoir.
Arrivé au monument, j'étais plus soulagé qu'heureux. Soulagé de l'avoir fait, de l'avoir réussi. En effet, depuis le jour 1, je me demandais si j'allais être capable de le faire, et au plus j'avançais, au plus je me disais que ne pas y arriver serait vraiment décevant.

J'ai traversé des déserts, des forêts, des montagnes, ressenti la fatigue, la faim, la soif, rencontré des personnes que je n'oublierais jamais...
C'est une expérience inoubliable, et je suis fier de le dire : je l'ai fait.

Revenons-en aux petits défis que j'avais ajouté :
Ne pas me raser : Réussi !
Mettre à jour ce site à chaque fois que j'aurai une connexion à internet : Oui et non
Faire quelques nuits chez l'habitant pour découvrir la vie à l'américaine : Réussi !
Ne pas faire d'arrêt dans un hôtel : Complètement raté !

La journée qui suivait, j'ai du marcher les 9 derniers miles me séparant de Manning Park Resort, le camping le plus proche de la première route. Les adieux ont continué et c'était bien triste.
J'ai marché seul. J'étais perdu dans mes pensées, me remémorant des moments de mon aventure.
J'ai, non sans mal, atteint le camping où j'ai pu faire une douche et manger un vrai repas. Puis je me suis assis avec les autres hikers, et j'ai profité de cette dernière journée avant le grand retour tant redouté dans la société. Le bus nous emmenant de Manning Park a Vancouver passe à 2h du matin; il faut attendre jusque là.

Vous l'avez remarqué, la nourriture est omniprésente dans mes articles. Oui, c'était une obsession sur le trail ! Vous avez peut être aussi remarqué que je m'extasiais souvent devant la gratuité de certaines choses, ou la bonté de certaines personnes. Et bien avec un peu de recul, je suis triste. Triste de voir que ma génération n'est pas habitué à ce genre de chose. Alors que l'entre-aide devrait faire partie de notre quotidien, je ne l'ai découverte que sur le trail. Je me sens définitivement redevable envers un bon nombre de personnes pour m'avoir donné tant de bons souvenirs qui m'ont plus d'une fois aidé lors des moments difficiles.

J'ai passé 3 nuits à Vancouver avant de prendre un avion vers la France.

A l'heure d'aujourd'hui, j'ai du mal à reprendre la "vie normale". Ma tête est toujours sur le trail et je n'ai aucunement envie de rester dans cette société.
Néanmoins, je n'ai pas encore prévu de faire une autre randonnée. J'ai tout de même un nouveau projet et je mettrais bientôt le nouveau site en ligne.
Si vous souhaitez être informé de ce nouveau projet, je vous conseille de vous inscrire à ma newsletter en utilisant le formulaire en bas de la page.



Merci de m'avoir suivi sur le Pacific Crest Trail !

Du mile 2650 au mile 2659

2016-10-19

[Jour 156] Résultat

Challenge réussi.
2650 miles, 4260km en 156 jours, de la frontière mexicaine à la frontière canadienne.

Du mile 2636 au mile 2650

2016-09-27

Image non disponible pour le moment

Qu'est-ce que le Pacific Crest Trail ?

Test

Le Pacific Crest Trail (PCT) est une grande randonnée aux Etats-unis reliant la frontière Mexicaine et la frontière Canadienne. Longue d'environ 4200km, elle longe la côte ouest de 160 à 240km de distance. Son point le plus haut culmine à 4 009 mètres d'altitude, au Col Forester, dans la Sierra Nevada, et son point le plus bas est à 42,6 mètres, à Cascade Locks, dans l'Oregon. La traversée se fait généralement du sud au nord en raison des conditions météorologiques mais l'inverse est également possible. Cette traversée au départ de Campo prend entre 4 et 6 mois de marche quotidienne et passe par les grands parc nationaux américains.

En se lancant dans ce genre d'aventure, on s'expose à de nombreuses difficultés :

  • Physique : marcher 10 heures par jours pendant plusieurs mois demande un effort physue considérable
  • Mentale : se retrouver seul pendant autant de temps, ne plus voir ses proches et ne plus avoir de moyen de communication à porter de main
  • Financière : le matériel, le transport, les permis, le visa, la nourriture...
  • Météo : impossible de se mettre à l'abris du vent ou de la pluie. Traversée d'un desert puis de la haute montagne
  • Faune : ours, serpents, scorpions, nuages de moustiques...
  • Flore : cactus, toxicodendrons
  • Réapprovisionnements : arriver au bon moment au bureau de poste pour prendre les colis de réapprovisionnement, ou pour faire les courses au supermarché du coin
  • Matériel : trouver du matériel à la fois léger et performant, et surtout adapté à la randonnée

Néanmoins, de temps en temps nous avons la chance de tomber sur des Trail Angels (TA : des "anges du trail") pour nous aider à surmonter certaines de ces difficultés. Qu'est-ce qu'un trail angel ? C'est une personne, souvent inconnue, qui vous prend en stop, qui vous propose de vous laver ou de dormir chez elle, qui laisse de la nourriture ou de l'eau à un croisement entre la route et le sentier du PCT... Ca pourrait même être vous !

Vous pouvez me sponsoriser jusqu'au 7 mars sur Sponsorize.Me

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